Congé paternité: indemnisation et droits des salariés

Beaucoup de salariés partent en congé paternité avec la certitude que leur salaire sera maintenu. En réalité, c'est la CPAM qui prend le relais avec des indemnités plafonnées, calculées sur les 3 derniers mois de salaire brut. Pour un cadre à 4 500 € brut mensuel, la perte peut dépasser 50 € par jour par rapport au salaire net habituel. Pourtant, même les salariés au SMIC constatent un écart dont peu mesurent l'ampleur avant de poser leur congé. Combien touche-t-on vraiment durant ces 25 jours, et pourquoi cet écart est-il si difficile à anticiper sans en connaître les règles ?

TL;DR : Cet article en bref

  • En 2026, l'indemnité journalière est de 65,84 € pour un salarié au SMIC et plafonnée à 95,22 € maximum quel que soit le salaire (source : Ameli.fr) ; les hauts revenus perdent davantage en valeur absolue.
  • Le calcul repose sur la moyenne des salaires bruts des 3 derniers mois, avec un abattement de 21 % et un plafond de la Sécurité sociale à 95,22 €/jour.
  • La CPAM verse directement sous 7 jours ouvrés après réception du dossier complet ; aucun passage par l'employeur sauf clause de subrogation.
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65,84 € par jour : à quoi correspond ce montant ?

Le montant de 65,84 € par jour correspond à l'indemnité journalière versée en 2026 pour un salarié rémunéré au SMIC, selon les données publiées par Ameli.fr. C'est le niveau plancher pour les salariés actifs à temps plein.

Le plafond légal est fixé à 95,22 € par jour : au-delà d'environ 3 600 € brut mensuel, l'indemnité ne progresse plus, quel que soit le niveau réel de rémunération.

À l'inverse, un plancher de 11,12 € par jour protège les salariés à très faibles revenus, notamment ceux qui exercent à temps partiel réduit ou dont le salaire de référence est particulièrement bas.

ProfilSalaire brut mensuelIJ estiméePerte réelle / jour
Salarié au SMIC~2 000 €65,84 €~4 €
Salarié moyen~2 800 €~73 €~24 €
Cadre (au-dessus plafond)4 500 €+95,22 €~57 €

Ce tableau met en lumière un effet deseuil marquant : plus le salaire est élevé, plus la perte en valeur absolue se creuse. Un cadre supérieur perd bien davantage en euros courants qu'un salarié au SMIC, même plafonné.

Comment est calculée votre indemnité journalière ?

La CPAM calcule votre indemnité à partir de ce que les textes appellent le gain journalier de base (GJB). Elle additionne vos salaires bruts des 3 derniers mois civils complets précédant le congé, puis divise ce total par 91,25 (le nombre moyen de jours d'un trimestre).

Sur ce GJB, un abattement forfaitaire de 21 % s'applique, ramenant l'indemnité à 79 % du gain calculé. Le résultat est ensuite plafonné à 95,22 € par jour en 2026, limite que vous ne pouvez dépasser quel que soit votre salaire.

Une option méconnue mérite d'être signalée. Si vos revenus ont été irréguliers ou si vous avez perçu un 13e mois, la CPAM peut retenir la période des 12 derniers mois divisée par 365,25 : elle choisit systématiquement la base la plus avantageuse pour vous.

Prenons maintenant l'exemple concret d'un salarié à 2 500 € brut mensuel. Le total de ses 3 derniers salaires s'élève à 7 500 €, soit un GJB de 82,19 € (7 500 / 91,25).

Après abattement de 21 %, l'indemnité journalière s'établit à 64,93 €. Sur 25 jours de congé paternité, le versement total atteint environ 1 623 €.

Son salaire net habituel sur la même période avoisine 1 900 €. L'écart de 277 € n'est pas anecdotique pour un congé légalement obligatoire.

Pour ce qui concerne l'indemnisation pendant une absence d'une autre nature, sachez que les bases de calcul et les taux varient sensiblement selon le motif de l'arrêt.

[rig_0b3b_conseil_expert title="Conseil de l'expert" author=""] Si votre rémunération inclut une prime annuelle ou un 13e mois, simulez votre calcul sur 3 mois et sur 12 mois avant de constituer votre dossier. Quelques dizaines d'euros par jour peuvent s'accumuler sur 25 jours : votre service paie peut effectuer cette comparaison en quelques minutes. [/rig_0b3b_conseil_expert]

Qui verse les indemnités et sous quel délai ?

C'est la CPAM qui verse directement les indemnités journalières sur votre compte bancaire, sans passer par votre employeur. L'entreprise joue ici un rôle exclusivement déclaratif : elle transmet l'attestation de salaire, mais elle n'avance pas les fonds.

Il existe cependant une exception : lorsque votre convention collective ou accord d'entreprise prévoit la subrogation, l'employeur maintient votre salaire net habituel, puis se fait rembourser par la CPAM. Dans ce cas, vous ne constatez aucune différence sur votre bulletin de paie.

Une fois le dossier reçu complet, la CPAM traite le versement sous 7 jours ouvrés. Le paiement s'effectue par virement bancaire, généralement tous les 14 jours.

Un dossier incomplet ou comportant des dates incohérentes peut allonger ce délai de plusieurs semaines. Pour les équipes RH gérant plusieurs absences en parallèle, un outil de gestion des absences centralise les déclarations et réduit le risque d'erreur sur les attestations de salaire.

25 jours de congé : comment ça se découpe ?

25 jours de congé : comment ça se découpe ?

Le congé paternité totalise 25 jours calendaires indemnisés par la CPAM, auxquels s'ajoutent 3 jours de naissance à la charge de l'employeur, pour un total de 28 jours. Cette durée ne s'organise pas librement : des règles précises encadrent la prise du congé et son éventuel fractionnement.

Et ce n'est pas tout. Le fractionnement obéit à 4 règles que vous devrez respecter pour conserver vos droits :

  1. Jours obligatoires : les 4 premiers jours du congé paternité doivent être pris immédiatement à la suite des 3 jours de naissance, soit 7 jours consécutifs imposés sans possibilité de report.
  2. Nombre de périodes : le reste du congé peut être fractionné en 3 périodes distinctes au maximum, chacune d'une durée minimale de 5 jours calendaires.
  3. Délai de prise : l'intégralité du congé doit être posée dans les 6 mois suivant la date de naissance de l'enfant, sans dérogation possible.
  4. Impact sur les IJ : le fractionnement ne modifie ni la base de calcul ni le montant des indemnités journalières versées par la CPAM, ce qui rassure nombre de pères hésitants.

Un logiciel de gestion des congés facilite ce suivi pour les équipes RH, notamment en alertant automatiquement sur les délais légaux à respecter pour chaque salarié concerné.

Quelques cas particuliers qui changent la donne

Le cadre standard de 25 jours et 65,84 € par jour ne s'applique pas à toutes les situations. Voici les 4 cas particuliers qui modifient la durée ou le montant de l'indemnisation en 2026 :

  • Naissances multiples (jumeaux, triplés) : la durée du congé passe à 32 jours calendaires. Les indemnités restent calculées selon la même formule, avec le même plafond à 95,22 €/jour.
  • Hospitalisation prolongée de l'enfant : si le nouveau-né est hospitalisé immédiatement après la naissance, le père peut bénéficier de 30 jours supplémentaires d'indemnisation au maximum, dans la limite de la durée effective d'hospitalisation.
  • Salaires très bas (sous le plancher) : un montant minimum de 11,12 € par jour s'applique en 2026, selon les données Previssima. Ce plancher concerne notamment les salariés à temps partiel dont le salaire de référence est inférieur à ce seuil.
  • Travailleurs indépendants : le calcul ne repose pas sur les 3 derniers mois de salaire, mais sur le revenu annuel déclaré à l'Urssaf, avec un plafond calculé sur la base du PASS (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale) 2026.

Ces cas particuliers impliquent souvent une reprise progressive du travail. Si vous envisagez un retour en temps partiel thérapeutique à l'issue d'un congé prolongé, les règles d'indemnisation changent à nouveau et méritent une vérification spécifique auprès de votre CPAM.

[rig_0b3b_conseil_expert title="Conseil de l'expert" author=""] Pour les naissances multiples ou les hospitalisations prolongées, nous vous recommandons de contacter votre CPAM dès la naissance pour anticiper les formalités. Les délais administratifs peuvent retarder le premier versement de plusieurs semaines si le dossier est constitué trop tard. [/rig_0b3b_conseil_expert]

Démarches et pièces à fournir pour toucher vos IJ

Pour déclencher le versement, vous devez transmettre votre dossier complet à la CPAM dans un délai maximum de 2 mois après la fin de votre congé, selon les conditions publiées par Service-public.fr. Passé ce délai, la prescription s'applique et vous perdez définitivement le droit aux IJ correspondantes.

Il est donc préférable de rassembler les pièces avant même le début du congé, car votre employeur peut établir l'attestation de salaire en amont. Les rejets les plus fréquents viennent de simples incohérences de dates ou d'une signature manquante, 2 erreurs facilement évitables avec un peu d'anticipation.

Il faudra vérifier 5 points avant d'envoyer votre dossier à la CPAM :

  • Le formulaire Cerfa S3716, complété et signé par le salarié et l'employeur
  • L'attestation de salaire établie par l'employeur, mentionnant les 3 derniers mois complets
  • L'acte de naissance (ou acte de reconnaissance) de l'enfant
  • Un RIB à jour au nom du salarié pour le virement CPAM
  • La cohérence des dates (début et fin de congé) avec celles figurant sur le formulaire Cerfa, source des rejets les plus fréquents

Pour structurer cette démarche côté entreprise, une procédure de gestion des absences documentée permet d'éviter les oublis et de fluidifier les échanges avec la caisse.

FAQ : Tout savoir sur l'indemnisation du congé paternité

Quel est le montant exact de l’indemnité journalière en 2026 ?

En 2026, l'indemnité journalière s'élève à 65,84 € par jour pour un salarié au SMIC, selon les données Ameli.fr. Le plafond légal est fixé à 95,22 €/jour, quel que soit le niveau de salaire au-delà d'un certain seuil.

Un plancher de 11,12 € protège les salariés aux revenus les plus faibles. Le montant exact dépend donc directement du salaire de référence retenu pour le calcul.

Mon employeur doit-il maintenir mon salaire pendant le congé ?

Non, votre employeur n'est pas légalement tenu de maintenir votre salaire intégral pendant le congé paternité. C'est la CPAM qui verse les indemnités plafonnées directement sur votre compte.

Une exception existe toutefois : si votre convention collective prévoit une clause de subrogation ou un complément patronal volontaire, l'employeur peut combler tout ou partie de la différence entre l'IJ et votre rémunération habituelle.

Comment calculer précisément mon indemnité de congé paternité ?

Le calcul part de vos salaires bruts des 3 derniers mois civils (ou 12 mois si plus avantageux), divisés par 91,25 pour obtenir le gain journalier de base. Un abattement forfaitaire de 21 % s'applique ensuite, et le résultat est plafonné à 95,22 €/jour.

Pour un salarié à 2 500 € brut mensuel, l'indemnité journalière est d'environ 64,93 €, soit environ 1 623 € versés pour 25 jours de congé.

Qui verse les indemnités : l’employeur ou la CPAM ?

C'est la CPAM qui verse directement les indemnités journalières au salarié, sans passage par l'employeur. L'entreprise transmet uniquement l'attestation de salaire et ne participe pas au financement.

La seule exception est la subrogation : dans ce cas, l'employeur maintient le salaire net et se fait rembourser par la CPAM. Son rôle reste donc essentiellement administratif dans la grande majorité des situations.

Quand vais-je recevoir mes indemnités journalières ?

La CPAM traite votre dossier sous 7 jours ouvrés après réception de l'ensemble des pièces. Le versement s'effectue ensuite par virement bancaire, généralement tous les 14 jours.

Un dossier incomplet, avec des erreurs de dates ou une signature absente, peut retarder ce premier versement de plusieurs semaines. Vérifier la complétude du dossier avant envoi reste le meilleur moyen d'éviter toute attente inutile.

Peut-on fractionner le congé paternité en plusieurs périodes ?

Oui, le congé peut être fractionné en 3 périodes au maximum, chacune d'au moins 5 jours calendaires. Les 4 premiers jours restent obligatoires juste après la naissance.

L'ensemble du congé doit être pris dans les 6 mois suivant la naissance, sans possibilité de dérogation. Ce fractionnement ne modifie pas le montant des indemnités journalières versées par la CPAM.

[rig_0b3b_conseil_expert title="Conseil de l'expert" author=""] Avant d'envoyer votre dossier à la CPAM, nous recommandons de vérifier que les dates de congé déclarées correspondent exactement à celles de l'attestation de salaire fournie par l'employeur. Cette simple incohérence de dates concentre la majorité des rejets et des retards de versement des IJ constatés en pratique. [/rig_0b3b_conseil_expert]

📚 SOURCES

  • Ameli.fr (2026) : Indemnités journalières paternité, montants 2026 (65,84 €/jour pour un salarié au SMIC, plafond 95,22 €/jour)
  • Service-public.fr (2026) : Congé de paternité et d'accueil de l'enfant, conditions d'indemnisation et démarches
  • Sécurité-sociale.fr (2026) : Allongement du congé de paternité à 25 jours et règles de fractionnement
  • Previssima (2026) : Rémunération congé paternité, montants minimum (11,12 €) et maximum des IJ 2026